Natalie Dessay Agnes Jaoui Poids

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Agnès Jaoui, née le à Antony, est une actrice, scénariste, réalisatrice et chanteusefrançaise.

En 1998, elle reçoit le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour le film On connaît la chanson, et a reçu quatre fois le César du meilleur scénario original ou adaptation. Son film Le Goût des autres a par ailleurs reçu le César du meilleur film en 2001. Ces six prix en font la femme la plus récompensée aux César.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Agnès Jaoui naît au sein d'une famille juive originaire de Tunisie[1]. Elle est la fille de Hubert Jaoui, conseil et formateur spécialisé dans la créativité marketing[1], et de Gyza Jaoui, psychothérapeute[1] spécialiste de l'analyse transactionnelle. « Communistes non marxistes, sionistes, modernes, très libres », ses parents fuient leur pays accédant à l'indépendance en 1962 pour s’enrôler dans un kibboutz du mouvement Hachomer Hatzaïr[2]. Ses parents n'ont aucun rapport avec le cinéma, mais ils écrivent tous les deux[1]. L'acteur Dominique Zardi est le cousin de son père.

Après une année passée dans le kibboutz, sa famille arrive à Paris. Agnès Jaoui fréquente le mouvement de jeunesse juif Hachomer Hatzaïr, après être passée par Sarcelles[1]. Elle lit énormément et commence à écrire à 11 ans[1]. Elle fait partie des premières jeunes filles à intégrer le lycée Henri-IV de Paris qui vient d'accéder à la mixité en 1978, et commence à jouer dans le club de théâtre de l'école, en interprétant Loulou dans la pièce Mon père avait raison[1]. Jusqu'à ses 15 ans, elle revient passer chaque été chez sa famille maternelle restée au kibboutz[2].

Elle entre au Cours Florent à 15 ans[1]. Elle fait ensuite une hypokhâgne au lycée Henri-IV. Elle suit dès 1984 les cours d'art dramatique du théâtre des Amandiers de Nanterre dirigé par Patrice Chéreau. Dans le cadre des études de cette école, elle part aux États-Unis où elle complète sa formation, notamment en comédie musicale[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Chéreau lui donne un rôle dans le drame Hôtel de France, qui sort en 1987. Elle joue la même année dans la pièce L'Anniversaire de Harold Pinter, dans la mise en scène de Jean-Michel Ribes, auprès de son futur compagnon[4]Jean-Pierre Bacri.

Ensemble, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri écrivent la pièce Cuisine et dépendances qui fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1992 par Philippe Muyl. En 1993, Alain Resnais fait appel à eux pour adapter au cinéma la série des huit pièces d'Alan Ayckbourn, Intimate Exchanges, concentrée en deux films sous le titre Smoking / No Smoking. Ce diptyque ironique, ludique et théorique qui étudie les rapports entre hasard, libre-arbitre et destin leur vaut le César du meilleur scénario en 1994.

Le grand public ne découvre véritablement ce duo d'acteurs-scénaristes qu'en 1996 avec le succès du film de Cédric Klapisch, adapté de leur pièce Un air de famille, qui révèle leur talent d'observateurs du quotidien, leur critique des carcans sociaux puis leur humour corrosif et désenchanté. Ce style percutant leur permet de remporter un second César en 1997. La même année, ils collaborent à nouveau avec Resnais sur On connaît la chanson dont ils sont désormais scénaristes et interprètes. Grâce au film, chacun d'eux gagne son troisième trophée pour le meilleur scénario aux Césars 1998 ainsi que sa toute première statuette en tant que meilleur second rôle.

Après avoir joué seule dans Le Cousin (1997) d'Alain Corneau puis dans Une femme d'extérieur (1999) de Christophe Blanc, Jaoui retrouve Bacri pour écrire et interpréter son premier long métrage en tant que réalisatrice Le Goût des autres (2000) qui explore, avec humour et émotion, l'opposition d'identités socio-culturelles dans un petit groupe de personnes. Le film rassemble près de 4 millions de spectateurs en salles et remporte 4 Césars en 2001 dont celui du meilleur film, ainsi qu'une nomination pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Deux ans plus tard, elle change complètement de registre en endossant le rôle principal d'un film à costumes adapté du roman de Stefan Zweig24 heures de la vie d'une femme de Laurent Bouhnik. Elle campe ensuite une vedette de cinéma égocentrique au côté de Karin Viard dans Le Rôle de sa vie de François Favrat en 2004. Elle présente la même année son deuxième film en compétition à CannesComme une image, toujours interprété et co-écrit avec Bacri. Le duo obtient le Prix du scénario.

Après avoir été dirigée par Richard Dembo dans son ultime réalisation, La Maison de Nina (2005), elle se consacre à la chanson et sort un album inspiré de rythmes et de sonorités latinesCanta (2006).

En 2008, elle revient au cinéma avec Parlez-moi de la pluie, toujours sous la casquette de réalisatrice-interprète et co-scénariste, offrant à Jamel Debbouze un rôle à contre-emploi.

Quand, cinq ans plus tard, elle sort sa quatrième réalisation, Au bout du conte, la critique est partagée, mais le film attire tout de même plus de 900 000 spectateurs.

Après vingt ans d'absence, elle effectue son retour sur les planches, en 2014, dans la pièce Les Uns sur les autres, mise en scène par Catherine Schaub, qui lui vaut une nomination au Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé.

Durant le Festival de Cannes 2017, elle est membre du jury des longs métrages, présidé par le réalisateur espagnol Pedro Almodovar, au côté notamment du réalisateur l'italien Paolo Sorrentino, et des comédiens américains Jessica Chastain et Will Smith.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Agnès Jaoui est la sœur de Laurent Jaoui, également scénariste et réalisateur. Elle a été la compagne de Jean-Pierre Bacri[4] de 1987 à 2012. Malgré leur séparation, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri sont demeurés proches et continuent d'écrire et de jouer ensemble au cinéma[5],[6].

Agnès Jaoui a adopté deux enfants brésiliens (qui avaient 5 et 7 ans au moment de l'adoption en 2012). En parlant de son adoption à l’étranger, elle note :

« Je trouve insupportable de voir que dans les biographies de femmes, on précise toujours “avec” ou “sans” enfants. Je n’ai pas toujours ressenti ce besoin viscéral, mais j’en ai envie depuis longtemps et je viens d’en adopter deux au Brésil, qui ont 5 et 7 ans[7]. »

Engagements sociétaux et politiques[modifier | modifier le code]

Agnès Jaoui est politiquement très engagée sur plusieurs sujets de société (étrangers en situation irrégulière, intermittents du spectacle, etc.).

Elle se déclare en faveur de la candidature de Martine Aubry lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011 et en 2014 elle est membre du comité de soutien à la candidature d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris[8].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

  • 1983 : Le Faucon, de Paul Boujenah : Sandra
  • 1987 : Hôtel de France, de Patrice Chéreau : Madame Bouguereau
  • 1987 : L'Amoureuse, de Jacques Doillon : Agathe
  • 1990 : Ivanov, d’Arnaud Sélignac (TV) : Babakina
  • 1991 : Canti de Manuel Pradal
  • 1993 : Cuisine et dépendances de Philippe Muyl : Charlotte
  • 1996 : Un air de famille, de Cédric Klapisch : Betty Ménard
  • 1997 : Le Déménagement, d’Olivier Doran : Claire
  • 1997 : La Méthode, de Thomas Béguin (court métrage) : Cécile
  • 1997 : On connaît la chanson, d’Alain Resnais : Camille
  • 1998 : Le Cousin, d’Alain Corneau : Claudine Delvaux
  • 1999 : On the Run, de Bruno de Almeida : Kirstin
  • 2000 : Une femme d'extérieur, de Christophe Blanc : Françoise
  • 2000 : Le Goût des autres, d’Agnès Jaoui : Manie
  • 2003 : 24 heures de la vie d'une femme, de Laurent Bouhnik : Marie Collins Brown
  • 2004 : Le Rôle de sa vie, de François Favrat : Elisabeth Becker
  • 2004 : La Maison de Nina, de Richard Dembo : Nina
  • 2004 : Comme une image, d’Agnès Jaoui : Sylvia Millet
  • 2008 : Parlez-moi de la pluie, d'Agnès Jaoui : Agathe Villanova
  • 2012 : Du vent dans mes mollets, de Carine Tardieu : Colette Gladstein
  • 2013 : Au bout du conte, d'Agnès Jaoui : Marianne
  • 2014 : L'Art de la fugue, de Brice Cauvin : Ariel
  • 2015 : Comme un avion, de Bruno Podalydès : Laëtitia
  • 2015 : Je suis à vous tout de suite, de Baya Kasmi : Simone Belkhacem
  • 2017 : Aurore, de Blandine Lenoir : Aurore Tabort
  • 2018 : Place publique, d'Agnès Jaoui : Hélène

Scénariste[modifier | modifier le code]

  • 1993 : Smoking / No Smoking d’Alain Resnais, coécrit avec Jean-Pierre Bacri d'après Alan Ayckbourn
  • 1993 : Cuisine et dépendances de Philippe Muyl, coécrit avec Jean-Pierre Bacri et Philippe Muyl
  • 1996 : Un air de famille de Cédric Klapisch, coécrit avec Jean-Pierre Bacri et Cédric Klapisch
  • 1997 : On connaît la chanson d’Alain Resnais, coécrit avec Jean-Pierre Bacri
  • 2000 : Le Goût des autres d’Agnès Jaoui, coécrit avec Jean-Pierre Bacri
  • 2004 : Comme une image d’Agnès Jaoui, coécrit avec Jean-Pierre Bacri
  • 2008 : Parlez-moi de la pluie d’Agnès Jaoui, coécrit avec Jean-Pierre Bacri
  • 2013 : Au bout du conte d’Agnès Jaoui, coécrit avec Jean-Pierre Bacri
  • 2015 : L'Art de la fugue de Brice Cauvin, coécrit avec Brice Cauvin et Raphaëlle Valbrune
  • 2018 : Place publique d'Agnès Jaoui, coécrit avec Jean-Pierre Bacri

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Les données ci-dessous proviennent de l'European Audiovisual Observatory.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1987 : Penthésilée de Heinrich von Kleist, mise en scène Pierre Romans, Festival d'Avignon, Théâtre Nanterre-Amandiers
  • 1987 : Catherine de Heilbronn de Heinrich von Kleist, mise en scène Pierre Romans, Festival d'Avignon, Théâtre Nanterre-Amandiers
  • 1987 : Platonov d'Anton Tchekhov, mise en scène Patrice Chéreau, Festival d'Avignon, Théâtre Nanterre-Amandiers : Marie
  • 1987 : L'Anniversaire d'Harold Pinter, mise en scène Jean-Michel Ribes, Théâtre Tristan Bernard
  • 1988 : Chroniques d'une fin d'après-midi spectacle composé de fragments d'œuvres d'Anton Tchekhov, mise en scène Pierre Romans, Festival d'Avignon
  • 1991 : Cuisine et dépendances d'Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, mise en scène Stéphan Meldegg, Théâtre La Bruyère
  • 1994 : Un air de famille de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, mise en scène Stephan Meldegg, Théâtre de la Renaissance
  • 2014 : Les Uns sur les autres de Léonore Confino, mise en scène Catherine Schaub, Théâtre de la Madeleine
  • 2016 : Les Femmes savantes de Molière, mise en scène Catherine Hiegel, Théâtre de la Porte Saint-Martin
  • 2017 : Un air de famille de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, mise en scène Agnès Jaoui, Théâtre de la Porte-Saint-Martin - nouvelle distribution
  • 2017 : Cuisine et dépendances de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, mise en scène Agnès Jaoui, Théâtre de la Porte-Saint-Martin - nouvelle distribution

Musique[modifier | modifier le code]

Solo[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 2006, Agnès Jaoui entame une carrière de chanteuse. Elle n'est pas totalement novice dans le domaine musical puisqu'elle a fréquenté le conservatoire où elle est entrée à l’âge de 17 ans. Elle fait partie du label indépendant tôt ou tard. A chanté le rôle de La Périchole, opéra-bouffe de Jacques Offenbach.

  • 2006 : Canta, premier album, musiques latines (fado, flamenco, boléro, bossa nova…) chantées exclusivement en espagnol et portugais. Première tournée en France et Belgique, mars et avril 2006. Victoires de la musique 2007 « album musique du monde ». Son direct fut perturbé par un défenseur des médecines naturelles pour guérir le cancer.
  • 2009 : Dans mon pays, produit par Vincent Segal. Cet album aux sonorités latines comprend majoritairement des chansons interprétées en espagnol et portugais à l'exception de deux titres chantés en français.
  • 2015 : Nostalgias.

Participations[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Césars[modifier | modifier le code]

Oscars[modifier | modifier le code]

Festival de Cannes[modifier | modifier le code]

Prix Lumières[modifier | modifier le code]

David di Donatello[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et hThierry Klifa, « Agnès Jaoui : L'art de vivre », Studio magazine, no 153,‎ , p. 124-129 (ISSN 0982-8354)
  2. a et bInterview d'Agnès Jaoui dans l'émission Thé ou Café animée par Catherine Ceylac, 22 février 2014, 3 min 12 s.
  3. ↑interview du 19 novembre 2015
  4. a et blepoint.fr
  5. ↑« Agnès Jaoui, la douceur de vivre », Paris-Match, 26 août 2012.
  6. ↑« Le conte est bon à Six-Fours pour le duo Bacri-Jaoui », Nice-Matin, 31 janvier 2013.
  7. ↑Voir sur parismatch.com, août 2012.
  8. ↑Bertrand Gréco et Gaspard Dhellemmes, L'histoire secrète d'une élection capitale, éditions du Moment, 2014, page 154.
  9. ↑Voir sur lessymphoniessubaquatiques.com.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

A major attraction of soccer's World Cup, and some would say the very best thing about it, is the musical component, with genre-crossing all-star vocal collaborations the norm. Who can forget Barcelona's unexpected and absolutely stunning duets between Montserrat Caballé and Freddie Mercury? This album may be the first in a flood of releases connected with the 2014 World Cup in Rio de Janeiro, Brazil, and if the games result in a new appreciation of Brazilian music they will have been well worth it from a musical standpoint. Brazilian music crosses over among classical, pop, and jazz without giving very much thought to the dividing lines, and the mix here touches on some of the major figures from each corner. The three singers and one guitarist are not Brazilian: singers Natalie Dessay and Agnès Jaoui are French; singer Helena Noguerra is Portuguese-Belgian; and guitarist Liat Cohen is French-Israeli. Some of the music is sung in Portuguese, some in French, but even in a French translation Dessay does not sound especially comfortable in Antonio Carlos Jobim's "Waters of March" (here, "Les Eaux de Mars"). Hearing her in Villa-Lobos, however, is an unexpected pleasure. Jaoui and Noguerra, both actresses as well as singers, have a reasonable feel for the material, although one wonders whether a Brazilian singer might not profitably have been included. Perhaps the album's best feature is Erato's studio engineering; the dimensions of the sound are ideal for the music, and the guitar is impressively well recorded. A reasonably satisfying souvenir of the World Cup.

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