Phrase Daccroche Dissertation Philosophie

L’accroche est un classique des méthodes de dissertation. Cet article explique ce qu’est l’accroche. Il présente les erreurs à éviter et fournit des conseils pour réussir son accroche. Il propose aussi des exemples. Enfin, l’article répond à la question « Faut-il vraiment faire une accroche ? » (pas sûr).

Qu’est-ce que l’accroche ?

L’accroche est le tout premier moment de la dissertation. Elle se compose d’une ou plusieurs phrases par lesquelles on débute l’introduction de sa copie.

L’accroche se situe juste avant la définition des termes du sujet. Sa fonction est d’amener vers l’explication des mots du sujet et vers la problématique.

On part d’un élément « quelconque » et on le rattache au sujet et au problème philosophique qu’on va étudier. Ce dont on part est globalement libre, ça peut être :

  • un fait historique
  • un élément d’actualité récente
  • une œuvre littéraire ou artistique
  • une expérience de la vie courante
  • un proverbe ou un lieu commun
  • une citation (déconseillé)
  • ou autre chose encore

L’idée est d’attirer l’attention du correcteur, de susciter son intérêt et d’éviter un début de copie « sec ». Je reviendrai sur ce point plus bas dans la section « Faut-il vraiment faire une accroche ? »

Les erreurs à éviter en accroche

Faire trop long. Une accroche de 2-3 lignes suffit largement. Passé 5 lignes, c’est souvent trop : on perd son temps. L’objectif de l’accroche est d’amener vers ce qui est vraiment important dans la dissertation. Elle n’a pas en elle-même un grand intérêt.

Partir d’un élément inconnu au correcteur. Le lecteur ne sera pas « accroché » s’il ne sait pas de quoi vous parlez. Et vous ne devez pas gaspiller 10 lignes pour expliquer l’exemple que vous avez choisi. L’idéal est de privilégier un élément de culture générale extrêmement célèbre (Madame Bovary, Star Wars Épisode IV, etc.) ou une expérience de la vie quotidienne.

Prendre trop longtemps à choisir votre accroche. 3 minutes, pas plus. Pas besoin de chercher l’accroche parfaite qui rendrait votre copie « unique » et « géniale ». Réservez votre temps pour travailler la problématique, le plan et les arguments. Ce sont eux qui font la valeur de votre copie, bien plus que l’accroche.

Comment faire une bonne accroche ?

Soyez clair et précis. Vous parler d’un film, d’un roman, d’un essai ? Précisez le : « dans le film Le Seigneur des Anneaux ». Vous mentionnez un artiste ? Dites quelle est sa profession exacte : chanteur, peintre, etc. Ce genre de précaution simple évite des confusions.

N’allez pas chercher loin. Plus l’accroche est proche du sujet, plus il est facile de passer à la suite de l’introduction. Une remarque étymologique peut faire une bonne accroche. Une question sur le (ou les) sens d’un mot du sujet aussi. On enchaîne ensuite de façon fluide vers la définition des termes et l’exposé de la problématique.

Évitez les citations. Toute citation doit être expliquée. En plus de recopier la citation, vous devez préciser ce qu’elle signifie et justifier de sa pertinence. C’est beaucoup de choses à rentrer dans le court moment de l’accroche. Saufcitation extrêmement brève, mieux vaut éviter.

Exemples d’accroches

Les exemples ci-dessous sont issus de bonnes copies, mais ils sont malheureusement de niveau CAPES / agreg (les concours pour devenir prof de philo). C’est tout ce que j’ai sous la main.

Sujet : Peut-on ne pas être soi-même ?
« Sois toi-même ! » L’injonction est courante, et souvent entendue par celui qui se prépare avec anxiété pour un important rendez-vous. Derrière sa banalité, la formule a de quoi surprendre.

Sujet : L’interprétation est-elle sans fin ?
Recourir à un interprète, c’est viser un certain but au-delà duquel l’interprète pourra être congédié. De même interpréter ne se fait jamais sans viser une quelconque fin […]

Sujet : La technique transforme-t-elle l’existence humaine ?
Compris comme regroupant tout ce par quoi l’homme altère son environnement afin de mieux l’adapter à ses besoins, la technique assiste les hommes dans le moindre de leurs gestes quotidiens, de ceux qui élaborent une horloge rudimentaire à ceux de la production au sein d’une entreprise.

Sujet : Qu’est-ce qui est premier ?
Personne ne s’attend à ce que celui qui a terminé premier au Tour de France réitère l’exploit en décrochant le prix Goncourt.

Dans tous ces exemples, les étudiants ont choisi d’être très brefs. Leurs « accroches » sont minimalistes et presque inexistantes. Mais elles préparent la suite de l’introduction : la définition des termes, qui elle-même conduit à la problématique.

Faut-il vraiment faire une accroche ?

Une bonne accroche est un « plus » pour une copie déjà excellente. Mais elle ne sauve pas une dissertation si les bases de la méthode ne sont pas acquises (problématique, plan, progression). C’est pourquoi on dit parfois que l’accroche est facultative.

On conseille alors de passer directement à la définition des termes du sujet et d’y accorder plus de temps. On évite ainsi de chercher une accroche, de tenter de faire un lien artificiel avec le sujet, et on se concentre sur l’essentiel.

Plus intellectuellement, on peut douter de l’utilité de l’accroche. L’accroche a une dimension « cosmétique » : elle rend la copie moins « sèche », elle la peaufine. Mais l’idée même d’accroche semble paradoxale pour 3 raisons :

1. L’accroche est censée « intéresser » le lecteur, « capter son attention ». Mais qui lit des dissertations ? Des correcteurs, qui sont payés pour ça. Ils n’ont pas besoin qu’on les attire vers la copie comme s’ils n’allaient pas la lire sans ça (!)

2. L’accroche propose de partir d’un élément éloigné de la philosophie, pour le « raccrocher » au sujet et à un problème philosophique. Elle demande de trouver quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’on fait (de la philo), puis de montrer qu’en fait si, ça a bien un rapport.

3. Enfin, l’accroche cherche à « attirer l’attention » d’un prof de philosophie en lui parlant de tout, sauf de philosophie. Elle semble suggérer qu’il y a des choses philosophiques ailleurs qu’en philosophie. Comme si les philosophes n’étaient pas au courant…

Bref, l’accroche est facultative. Si vous maîtrisez très bien la dissertation et que vous souhaitez en faire une, pourquoi pas. Si vous n’êtes pas à l’aise avec l’exercice, n’hésitez pas à vous concentrer sur d’autres aspects de la dissertation et à réduire votre accroche au minimum.

Combien de fois tu as entendu ton prof te dire qu’une introduction en philosophie ça n’avait rien de compliqué, qu’il fallait bien définir les termes, dégager clairement un problème et se lancer dans un plan pour résoudre ce problème ? Combien de fois tu as eu l’impression de faire tout ce qu’il te demandait sans que ta note ne soit à la hauteur de ton investissement ? A partir de maintenant, finie la peur de partir complètement à côté de la plaque, d’introduire un sujet que tu as analysé complètement à l’inverse de ce qu’on attendait de toi ! Nous allons te donner toutes les clés pour bien réussir ton introduction en philosophie et qui dit bonne introduction dit en général bonne copie !

 

La phrase d’accroche, le truc en plus

On te dit souvent qu’une phrase d’accroche ce n’est pas obligatoire et que ton introduction peut être très bonne sans. Certes, mais si tu trouves la bonne phrase d’accroche, tu as le mérite de montrer dès le début à ton correcteur que tu ne vas pas aller à des années lumières de ce qu’il attend de toi. Diverses possibilités s’offrent à toi pour choisir cette fameuse accroche : la référence à quelque chose de la vie courante ou l’une des nombreuses citations que tu t’es tué à ingurgité entre une formule de maths et deux dates de géopo. Attention cependant, ne tombe pas dans le panneau ! Il ne s’agit pas de mettre une citation pour mettre une citation. Il faut que tu t’appuies dessus en la reliant à ton sujet de manière claire, tu dois montrer dès cette citation que tu sais où tu vas (de même pour l’exemple de la vie courante). Il ne s’agit pas non plus d’écrire 10 lignes d’accroche et de noyer ton correcteur dès le début car là aussi c’est la catastrophe… tu dois trouver le juste milieu (2 ou 3 lignes).

 

Pour le choix de ta citation, je te conseille de te faire une petite fiche avec quelques citations que tu pourrais mettre en accroche. Ce n’est pas la peine d’en avoir cinquante. Etant donné que tu ne travailles que sur un thème pour le concours, tes citations d’accroche peuvent toutes plus ou moins se recouper. Je n’avais par exemple qu’une petite dizaine de citations en tête au moment des concours, et j’ai utilisé la même citation d’accroche à trois copies sur quatre alors que les sujets étaient assez éloignés ! Et les résultats ont été très satisfaisants. Encore une fois, il s’agit de bien analyser cette citation et de bien la relier à ton sujet. Si tu y parviens, tu accroches indéniablement ton correcteur dès la première phrase ce qui est de très bon augure pour la suite.

 

La définition des termes, l’incontournable

Tu dois déjà l’avoir compris, une introduction en philosophie dans laquelle tu ne définis pas les termes est une introduction ratée et qui dit introduction ratée dit copie ratée. Tu ne peux pas y couper : la définition des termes est INDISPENSABLE. Mais là encore, il ne faut pas définir les termes pour définir les termes, il faut que tu montres à travers cette définition que tu vois ce que le sujet te propose, que tu comprends où il veut t’emmener. Ne récite pas bêtement toutes les définitions des termes du sujet en les juxtaposant (« La parole c’est …. Mais c’est aussi…. Oh puis c’est aussi… »), il faut que chaque définition que tu as choisie soit détaillée et justifiée (à mettre en relation avec un aspect du sujet). Ce qu’il y a de bien avec la définition des termes c’est que si tu le fais sérieusement, en définissant chaque terme et en faisant varier leur sens, le ou les problèmes principaux du sujet apparaissent de manière quasi-évidente. Il te suffit de mettre en relation les définitions détaillées, de te demander en quoi les références que tu as acquises abordent ce problème (et quel que soit le sujet, crois-moi, elles l’abordent) et le(s) problème(s) s’offrent à toi.
Pour ce qui est de la « quantité », il n’y a bien sûr rien d’exigé mais ne néglige pas cette étape, la définition des termes doit prendre une bonne partie de ton intro !

 

Problème et problématique, quelle différence ?

Dans cette partie, ce n’est qu’une appréciation personnelle qui a plutôt bien fonctionné pour moi mais il ne tient qu’à toi de choisir de suivre ces conseils ou non.

La problématique est l’aboutissement de ton introduction en philosophie (avant bien sûr l’annonce de ton plan). C’est à cette étape que tu montres à quel point ton accroche et tes définitions méticuleuses t’ont permis d’arriver à aboutissement général pour traiter le sujet. Selon moi, il y a toujours plusieurs « petits » problèmes cachés derrière un sujet et les découvrir te permet d’aboutir à ta problématique. Je te conseille d’évoquer ces problèmes entre tes définitions et ta problématique, tu peux voir cela en guise d’étape 3 de ton introduction en philosophie. Une fois le lien général trouvé entre les problèmes que tu as dégagés, il ne reste plus qu’à former ta problématique. Pour cela, rien de fixé, personnellement je choisissais souvent une alternative avec un « ou » mais cela ne relève que de ton choix personnel !

 

Le plan, le moment délicat

Combien de fois au cours d’un DS de philo tu te demandes si tu n’es pas en train de partir en vrille avec un plan sans queue ni tête ? En effet, un mauvais plan est souvent l’une des causes d’une copie hors sujet… Contre ça, pas de remède miracle mais si tu suis les conseils précédents, ta bonne analyse du sujet et ta problématique bien posée te permettront normalement de t’en sortir avec un plan qui tient la route. Ce que je peux te conseiller est d’essayer de balayer large avec ton plan, essaie de pouvoir aborder tous les aspects du sujet. En réalité, mon prof disait souvent de partir du plus simple (1ère partie), l’aspect évident du sujet pour aller jusqu’au plus compliqué (3ème partie), l’aspect caché, que tu as découvert par ta réflexion.

 

Il y a pourtant un truc auquel tu ne peux pas échapper : la réponse à ta problématique se fait en 3ème partie, tu dois bien t’en rappeler au moment de construire ton plan. Pour plus de détails sur la construction du plan je te laisserai aller lire un article qui sortira prochainement sur la méthodologie générale en philo.

 

Pour ce qui est de l’annonce de ton plan, il y a deux écoles qui sont pour moi identiques et ne font pas de grande différence le jour J : la première école conseille d’annoncer ton plan de manière traditionnelle, à savoir « Premièrement nous nous demanderons… puis deuxièmement nous verrons …et troisièmement nous analyserons… ». La seconde méthode a peut-être le mérite d’être un peu plus dynamique, elle consiste à formuler une longue phrase dans laquelle tu reprends en quelque sorte le titre de tes parties en les liant ensemble (Exemple : Si la phrase d’accroche paraît être le truc en plus (I), la définition des termes du sujet est le grand incontournable (II). Pourtant le plan est le moment le plus délicat (III)).

 

Bilan

Voilà tu as maintenant les cartes en main pour réussir ton introduction en philosophie ! Je tiens à préciser que ce ne sont que des conseils, libre à toi de piocher dedans ce qui t’y plaît et de laisser ce que tu aimes moins. J’ai utilisé cette méthode dans chacune de mes dissertations et j’ai eu entre 14 et 18 à chaque épreuve de philo sans être brillantissime, donc crois-moi, ça marche ;).

Pour voir des intros type,s je t’invite à aller voir les copies des majors sur le site, elles te serviront de bon exemple pour la suite, n’hésite pas à reprendre leur trame.

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